La Mère






Création 2005

TRADUCTION
M. REGNAUT ET A. STEIGER
ADAPTATION
ANGELA KONRAD ET DANIELLE BRÉ
MISE EN SCÈNE ET SCENOGRAPHIE
ANGELA KONRAD
ASSISTANTE A LA MISE EN SCÈNE ET A LA DRAMATURGIE ÉLISE BLACHÉ
AVEC :
DANIELLE BRÉ
LES ÉTUDIANTS DU DÉPARTEMENT ARTS DU SPECTACLE
LE CHŒUR ET L’ORCHESTRE DES ÉTUDIANTS DE MUSIQUE
DE L'UNIVERSITÉ DE PROVENCE
DIRECTION MUSICALE MUSIQUE : CHRISTINE CULIOLI
COMPOSITION MUSICALE:
HANNS EISLER
Quand j’écrivais « La mère » d’après le livre du camarade Gorki et d’après les récits que de nombreux camarades prolétaires avaient faits de leurs luttes quotidiennes, je l’écrivais sans prendre aucun biais, dans un langage précis, posant chaque mot, avec rigueur, choisissant avec soin chaque geste de chaque personnage, comme celui qui relate les actes et les paroles des Grands. Ces petits faits de tous les jours, infiniment divers, qui se produisent en des lieux jugés sans intérêt, je les présentais, autant que possible, comme des événements entre tous historiques, nullement moins significatifs que les actions célèbres des chefs d’Etat et des héros dont sont remplis les livres. Je me fixais pour tâche de montrer une grande figure historique, anonyme précurseur des temps humains. Exemple à suivre.
Voyez-là, la mère prolétarienne, qui va son chemin, le chemin plein de détours, le long chemin de sa classe. Voyez-là, quand on diminue son fils d’un kopek : elle ne peut pas lui faire une soupe appétissante. Alors elle en vient à s’opposer à lui et craint de le perdre ; Puis, contre son gré, elle l’aide à combattre pour le kopek, craignant maintenant de le perdre dans ce combat. Lentement elle suit son fils dans l’enchevêtrement des luttes pour le salaire. Dans le même temps, apprend à lire. Quitte sa maison, veille sur d’autres que son fils, sur d’autres qui ont le même sort : elle s’était pour son fils dressée contre eux, la voici qui lutte à leurs côtés.
B.Brecht.